Appel à proposition de notes conceptuelles (RFCN) pour la modernisation des chaînes de valeur du maïs et du niébé dans les régions de la Boucle du Mouhoun et du Centre Ouest du Burkina Faso

Le présent appel à note conceptuelle a été repris en français afin de permettre au maximum d’entités qualifiées d’y soumissionner. Les propositions seront acceptées aussi bien en français qu’en anglais. Le nouveau délai est ramené au 11 juin 2018 à 17h00 GMT.

A propos d’AGRA et de son partenariat stratégique:

L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est une organisation à but non lucratif qui travaille avec les gouvernements africains, les donateurs, les ONG, le secteur privé et les agriculteurs africains pour catalyser et soutenir une transformation agricole en Afrique grâce à l’augmentation de la productivité induite par l’innovation et à l’accès aux marchés et aux finances qui améliorent les moyens de subsistance des petits producteurs. AGRA vise à placer les agriculteurs au centre de l’économie en développement du continent en transformant l’agriculture de sorte à passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture en tant qu’entreprise prospère.

En 2017 AGRA s’est engagé dans un Partenariat pour une Transformation Inclusive de l’Agriculture en Afrique (PIATA), avec USAID, la Fondation Bill et Melinda Gates et la Fondation Rockefeller, dans la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre de sa nouvelle stratégie quinquennale dans 11 pays africains.

En septembre 2017, le Ministère Fédéral Allemand de la Coopération Économique et du Développement (BMZ) a conclu un partenariat stratégique avec l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA) pour combattre la faim, créer des emplois et augmenter les revenus dans les zones rurales africaines.

Le partenariat repose sur un intérêt commun dans : les priorités agricoles nationales, régionales et continentales; les investissements et les politiques qui font progresser les revenus agricoles des petits exploitants; la sécurité alimentaire; l’utilisation durable des terres; et une transformation agricole inclusive et durable en Afrique qui favorise l’emploi et les opportunités économiques.

Dans le cadre de l’initiative spéciale «One World – No Hunger / Un Monde-Sans Faim» du BMZ, l’Allemagne contribuera à hauteur de 10 millions d’euros pour cofinancer la stratégie quinquennale de AGRA (2017-2021) et pour augmenter la productivité, combattre la faim, créer des emplois et augmenter les revenus de 1,2 million de petits exploitants agricoles du Burkina Faso et du Ghana, deux pays focaux de la coopération allemande au développement dans le secteur agricole et deux des 11 pays prioritaires d’AGRA.

Pour atteindre ce groupe cible de petits agriculteurs, AGRA engagera des ressources 1) pour renforcer les systèmes agricoles autour des marchés d’intrants et de production 2) des modèles de technologies à fort potentiel, 3) pour investir dans des interventions prioritaires qui financent et complètent le financement engagé par d’autres donateurs et le gouvernement.

Le Partenariat avec BMZ soutiendra également AGRA pour renforcer sa capacité à traiter et gérer les risques environnementaux et sociaux et les impacts potentiels qui pourraient résulter de la préparation et de la mise en œuvre de projets financés par AGRA de manière structurée, transparente et durable.

Contexte / Enoncé du problème

Depuis 2007, AGRA a beaucoup travaillé au Burkina Faso et a fait des investissements dans différentes régions du pays. Sur la base des leçons apprises, AGRA a conçu un plan d’affaires et opérationnel aligné sur les priorités du pays. Cinq régions (Boucle du Mouhoun, Cascades, Centre Est, Centre Ouest et Haut-Bassins) et quatre cultures (Niébé, Maïs, Riz et Sorgho) sont sélectionnées.

Le maïs est l’une des cultures sélectionnées pour le plan du Burkina Faso. Il est produit dans de nombreuses régions du Burkina Faso, et 76% de tous les ménages agricoles sont engagés dans la production de maïs pluvial. La taille des exploitations varie de petite (1 – 3,5 ha), moyenne (6 – 12 ha) à grande (18 – 63 ha). Les grandes exploitations représentent moins de 1% du total. Les superficies cultivées ont presque doublé entre 2007 et 2013, passant de 470 000 ha à 845 000 ha en 2013 (dont 3 600 ha irrigués). AGRA a investi d’importantes sommes d’argent et de l’expertise dans le développement de variétés et il existe maintenant d’excellentes variétés hybrides de maïs disponibles sur le marché (par exemple Komsaya et Bondofa).

Le maïs est en très forte demande, tant sur les marchés nationaux que sur les marchés d’exportation. C’est également une culture importante pour la sécurité alimentaire, fournissant 16% de l’apport alimentaire total. La commercialisation dépend de la demande urbaine et des utilisations industrielles (bière et aliments pour animaux).

Actuellement, 50% de la production de maïs du pays est vendue sur les marchés commerciaux, mais moins de 10% sont utilisés pour la transformation commerciale. La consommation nationale devrait augmenter en raison de la demande d’aliments à base de maïs faciles à préparer associés à l’urbanisation et à l’augmentation de l’emploi des femmes. Une partie importante de la croissance de la chaîne de valeur du maïs proviendra du développement du secteur de l’alimentation des volailles. En raison de l’augmentation du revenu disponible, la demande de viande et d’œufs devrait plus que doubler d’ici 2030. Pendant cette période, la consommation de viande devrait passer de 38 000 tonnes à 96 500 tonnes métriques. Les économistes prévoient également une demande croissante d’œufs de 59 500 tonnes à 106 000 tonnes. En conséquence, l’offre de mélanges d’aliments bétail/volaille devra atteindre 500 000 tonnes, soit une augmentation de 200% par rapport aux niveaux actuels. AGRA a l’intention de combler 89% de l’écart de rendement actuel (l’écart de rendement pour le maïs est d’environ 50%, le rendement actuel est de 2-3 t / ha) et d’augmenter la productivité à 5 t / ha. En comblant l’écart de rendement, en réduisant les pertes post récolte et en améliorant l’agrégation, le maïs devrait progressivement devenir le deuxième aliment le plus important du pays pour les consommateurs urbains et les exportations régionales.

Dans les régions ciblées par AGRA, le niébé est produit principalement dans le Centre-Est, le Centre-Ouest, la Boucle du Mouhoun et les Hauts-Bassins. Le niébé, qui contribue de manière significative à la fertilité du sol, est produit à travers des pratiques culturales intercalées ou en rotation. Le niébé est également connu comme étant une culture des femmes car il est cultivé par un grand nombre de femmes. Il est en train de passer d’une culture de sécurité alimentaire à une culture de produit de rente, fournissant ainsi un revenu à de nombreux agriculteurs parmi les 2,6 millions qui le cultivent à travers le pays. Historiquement, l’AGRA a soutenu le développement de variétés de niébé en formant des sélectionneurs et en soutenant leur recherche. Cet effort a conduit à la mise en circulation et à la commercialisation de variétés améliorées telles que Komkale, Nafi et Niezwe.

La consommation de niébé a augmenté à un taux annuel de 4,1% au cours de la période 2000-2010. Il y a un marché prêt pour le niébé puisque 65% du niébé burkinabé est vendu et environ la moitié est exportée, principalement vers le Nigéria. De nombreux problèmes de production peuvent être résolus en utilisant des variétés existantes résistantes au Striga.

Malgré la forte demande du marché, ces filières restent entravées par des systèmes d’intrants inadéquats qui limitent la capacité des agriculteurs à produire les volumes de produits de qualité requis. L’insuffisance de l’offre de variétés améliorées est aggravée par une faible demande due au manque de sensibilisation des agriculteurs sur leur valeur et à la rareté des semences certifiées. Dans certains cas, la production n’est pas adaptée à la consommation de l’industrie et des ménages en raison des niveaux élevés de contamination par l’aflatoxine. Cela n’a pas seulement un impact sur la santé des agriculteurs et des consommateurs, mais limite l’accès des agriculteurs à certains marchés lucratifs qui ne tolèrent pas la contamination par les aflatoxines. En outre, il y a une offre limitée de mélanges d’engrais adaptés aux conditions du sol local. Les principaux facteurs associés à ce défi sont le manque de connaissances des agriculteurs sur les mélanges les plus adaptés à leur exploitation et à leurs cultures et la faible agrégation de la demande (même dans les cas où les agriculteurs connaissent les mélanges corrects).

Dans ce contexte, et en alignement avec sa stratégie pour le Burkina Faso, AGRA, à travers son financement par BMZ, invite les groupes de prestataires de services spécialisés dans le développement du système agricole et de la chaîne de valeur à soumettre une note conceptuelle de cinq pages maximum, expliquant les grandes lignes de leur approche de structuration des filières mais et niébé.

But et objectifs du projet:

Catalyser et soutenir une transformation agricole inclusive au Burkina Faso afin d’augmenter les revenus et améliorer la sécurité alimentaire de 200 000 petits agriculteurs

Objectifs

  1. Accroître la productivité du maïs et du niébé sains et de qualité pour 200 000 petits exploitants de la Boucle du Mouhoun et du Centre Ouest
  2. Renforcer et élargir l’accès aux marchés de grains pour 200 000 petits exploitants de maïs et de niébé
  3. Accroître les capacités des petits agriculteurs et des systèmes agricoles à mieux se préparer et s’adapter aux chocs et aux stress
  4. Renforcer la coordination entre les parties prenantes et les liens avec les investissements du Gouvernement et d’autres partenaires dans les régions cibles.

Résultats attendus

  1. Adoption accrue de technologies améliorant la productivité agricole
  2. Réduction des pertes post récolte
  3. Accès accru aux marchés et aux finances
  4. Environnement politique favorable renforcé

Bénéficiaires du projet:

L’intervention proposée aura un impact sur les acteurs suivants dans l’ensemble des chaînes de valeur du maïs et du niébé:

  • Les petits agriculteurs
  • Les acheteurs / transformateurs
  • Les agrégateurs
  • Les fournisseurs de services de mécanisation
  • Les Marchands d’intrants agricoles
  • Les sociétés semencières
  • Les institutions financières (IF)
  • Les agences gouvernementales au niveau national et local

Stratégie d’intervention

La stratégie globale est une transformation agricole axée sur le marché qui facilitera l’amélioration de la chaîne de valeur à travers les acheteurs et leurs agrégateurs. Dans le cas des chaînes de valeur du maïs et du niébé de la Boucle du Mouhoun et du Centre Ouest, les facteurs proposés sont les agrégateurs et les transformateurs, qui devraient faire augmenter la demande, ce qui aura un impact sur la production. La prise en compte des contraintes du système d’approvisionnement en intrants agricoles (semences, engrais) et la promotion de bonnes pratiques agronomiques entraîneront une augmentation de la productivité pour répondre à la demande du marché. En outre, la promotion des technologies Aflasafe et post-récolte entraînera une réduction des pertes et une augmentation de l’offre de produits répondant aux normes de qualité du marché.

La stratégie adoptera une approche intégrée dans la prestation des services par l’intermédiaire d’une Cellule d’Exécution du Projet (CEP) composée d’une équipe multidisciplinaire de partenaires d’exécution ayant différents domaines d’expertise requis pour remédier aux défaillances systémiques dans les chaînes de valeur du maïs et du niébé. La CEP aura un chef de file pour gérer stratégiquement le consortium. En outre, le personnel d’AGRA (PO / APO et S& E) travaillera en étroite collaboration avec le chef de file et les autres membres du consortium et assurera le suivi de toutes les activités pour s’assurer de la qualité et de l’efficacité de la mise en œuvre. L’initiative veillera à ce que la chaîne de valeur inclue les femmes et les jeunes et que le développement et la croissance de la productivité soutiennent à l fois l’utilisation alimentaire et industrielle du maïs et du niébé et soient respectueux de l’environnement.

La stratégie reposera sur des éléments clés suivants:

  • L’analyse du système pour identifier les domaines d’investissement et la demande du marché en produits
  • L’estimation des besoins en intrants (semences et engrais) pour la production afin de satisfaire la demande.
  • Le renforcement de la capacité commerciale et technique des agrégateurs pour améliorer leurs opérations et leurs normes de gestion afin d’augmenter la qualité et le volume de production et l’efficacité de la chaîne d’approvisionnement.
  • La fourniture de maïs et de niébé sains et de qualité aux transformateurs
  • Le renforcement de l’accès aux marchés et aux financements pour les PME (transformateurs, agro-commerçants, sociétés semencières, agriculteurs)
  • Le renforcement des capacités techniques et organisationnelles des petits agriculteurs pour améliorer la productivité et la qualité du niébé et du maïs en tenant compte de toutes les technologies, y compris Aflasafe.
  • La facilitation d’un lien fiable et efficace pour une meilleure intégration de la chaîne et l’accès au soutien en intrants, aux services et aux finances.

Les différents rôles des partenaires d’exécution / membres du consortium comprennent, sans s’y limiter:

  1. Les activités de mobilisation des agriculteurs
  2. La formation et le renforcement des capacités en matière de productivité, de technologies de gestion de l’aflatoxine telles que Aflasafe, la gestion post-récolte, la vulgarisation et l’organisation des producteurs
  3. La recherche d’une société semencière locale privée et d’entreprises d’intrants agricoles basées dans la Boucle du Mouhoun et dans la région du Centre Ouest pour apporter leur contribution aux agriculteurs
  4. Renforcement de capacités pour fournir des services de mécanisation
  5. Renforcement des capacités des acheteurs pour mobiliser les produits et communiquer également les spécifications des produits et les volumes requis aux groupements de producteurs et aux agriculteurs et développer également un système d’agrégation des produits efficace et efficient.

Demande de notes conceptuelles

Cet appel à proposition de note conceptuelle (RFCN) comprend deux étapes. Dans la première étape, l’AGRA Burkina Faso ne demande que le document conceptuel du futur consortium décrivant l’activité globale que le candidat propose de mettre en œuvre, conformément au but et aux objectifs du projet. Chaque consortium éventuel doit soumettre une seule note conceptuelle. Si un consortium soumet plus d’une demande, seule la première reçue sera considérée pour examen. AGRA évaluera les notes conceptuelles en fonction des critères énoncés dans ce document. Les candidats dont les documents conceptuels ont obtenu les meilleurs résultats dans l’évaluation seront invités à soumettre des propositions complètes et détaillées aux fins de financement. La publication de cet appel à candidatures ne constitue pas une attribution ou un engagement de la part d’AGRA et ne l’engage pas non plus à payer les coûts encourus pour la préparation et la soumission des documents conceptuels.

Critères de sélection

Le processus de sélection favorisera un consortium doté d’une équipe plus forte qui fournira une stratégie claire sur la manière de réaliser le but et les objectifs du projet de la manière la plus efficace, efficiente et durable. L’accent sera également mis sur le modèle d’entreprise clairement défini.

Critère d’éligibilité

Les candidats (chef de file et membres du consortium) soumettant le document conceptuel doivent satisfaire aux critères suivants:

  • Le chef de file du consortium doit être une organisation non gouvernementale ou une entreprise privée légalement enregistrée en vertu des lois du Burkina Faso (Doit avoir des attestations d’enregistrement)
  • Le chef de file et les membres doivent faire montre :
    • d’expérience dans la mise en œuvre de projets de chaîne de valeur agricole au Burkina Faso, en particulier les cultures de base
    • d’expérience dans le travail avec des projets allemands et ou dans l’utilisation d’outils éprouvés développés dans le cadre de projets de chaîne de valeur agricole mis en œuvre dans le cadre de la coopération allemande.
    • de capacité à gérer les fonds de subvention;
    • de possession d’un état financier audité (de préférence)
    • d’une forte synergie avec d’autres projets allemands dans le domaine de l’intervention

Format du document conceptuel

Reportez-vous au format de note conceptuelle d’AGRA https://bit.ly/2L3NUSt

Période de financement

La période de financement de ce projet de subvention est de trois (3) ans. Les candidats doivent soumettre un document conceptuel sur le projet pour la période de trois (3) ans.

Modalités de soumission

Les organisations intéressées doivent soumettre leurs notes conceptuelles rédigées en français, intitulées «Relier les acteurs pour des chaînes de valeur maïs-niébé renforcées afin d’améliorer la productivité et les revenus des petits agriculteurs» à procurement@agra.org au plus tard le lundi 11 juin 2018 à 17h00 GMT. Nous encourageons les partenariats entre des organisations spécialisées dans le développement et la fourniture de divers services structurés de chaîne de valeur aux petits agriculteurs du Burkina Faso; il doit cependant y avoir une ORGANISATION TETE DE FILE UNIQUE. Pour toute question relative à cette note conceptuelle, veuillez la mettre par écrit et la soumettre à procurement@agra.org. Les notes conceptuelles reçues après la date d’expiration de cet appel (ci-dessus) ne seront pas prises en compte.

AGRA examinera les notes conceptuelles soumises dans un délai de 10 jours et demandera uniquement aux organisations retenues de soumettre des propositions complètes pour l’octroi de financement. Les notes conceptuelles ne seront pas retournées aux expéditeurs. Le financement des subventions éligibles vise le partage des coûts liés aux conseils techniques et à la formation par rapport à l’élaboration et à la livraison de la solution proposée.

Ce travail est financé par l’Initiative Spéciale “ One World – No Hunger / Un monde – Sans Faim” du Ministère Fédéral de la Coopération Économique et du Développement.